À bord d’une voiture, un homme roule la nuit avec sa fillette et sa femme enceinte. Il écrase par accident un chien et s’arrête à une station proche pour emprunter une boîte à outils. Sur place, un autre homme croit reconnaître celui qui a détruit sa vie, des années auparavant. Il le suit, l’enlève et menace de l’enterrer vivant dans le désert, avant que le doute sur l’identité de sa victime ne le pousse à recontacter d’autres camarades pour confirmer son intuition. Peu à peu, plusieurs anciennes victimes de la répression du régime iranien se retrouvent en face de celui qui pourrait être leur bourreau… ou pas.
Ce film passionnant réussit à transformer un incident hasardeux en thriller haletant dans une société iranienne confrontée aux traumatismes du régime des mollahs.
Jafar Panahi (né en 1960) est l’un des réalisateurs majeurs de la Nouvelle Vague iranienne. Issu d’un milieu modeste et formé au cinéma à Téhéran, il débute comme assistant d’Abbas Kiarostami avant de réaliser Le Ballon blanc (1995), Caméra d’or à Cannes. Ses films, souvent centrés sur les injustices sociales et la condition des femmes, incluent Le Cercle (Lion d’or 2000) et Hors jeu (Ours d’argent 2006). Panahi est régulièrement censuré en Iran, plusieurs de ses œuvres étant interdites pour leur regard critique sur la société iranienne. En 2010, il est condamné à six ans de prison et à une interdiction de filmer pendant vingt ans, mais continue à créer clandestinement, notamment Ceci n’est pas un film (2011). Il remporte l’Ours d’or en 2015 avec Taxi Téhéran, tourné malgré les restrictions imposées par les autorités. Arrêté de nouveau en 2022, il est libéré en 2023 après une grève de la faim. Après avoir quitté l’Iran en 2023, il reste sous le coup de nouvelles condamnations par la justice iranienne. Son dernier long-métrage, Un simple accident, reçoit la Palme d’or du Festival de Cannes 2025, confirmant son statut de cinéaste engagé et incontournable.